10/03/2010 16:52
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La troupe de théâtre Enoia à Neufchâteau
Nous vous souhaitons une bonne visite sur le blog de la Troupe ENOIA

Le Centre Culturel de Bertrix vous invite à découvrir la toute dernière création de l'Impact ASBL : "La Fille et la la Mort", adaptation libre de l'écrit d'exil (en 1991) de l'auteur chilien Ariel Dorfman.
Les 24 et 25/01/2008 à 20h au Centre Bohaimont à Bertrix.
Infos et réservations
"La jeune fille et la mort" d'Ariel Dorfman.
L'histoire de "La Jeune Fille et la mort", beaucoup la connaissent grâce à une adaptation cinématographique de Roman Polanski en 1994, pourtant, le thème est ancestral. Il prend racine dans de très anciens mythes où s'affrontent l'innocence et la perversité (le rapt de Perséphone par Hadès). Au fil des siècles, d'autres artistes ont revisité ce thème intriguant et malsain et notamment Schubert qui, en 1824, a mis en musique un poème du même nom de Matthias Claudius. La tristesse suave et la noblesse de ce quatuor tiennent d'ailleurs un rôle important dans la pièce.
D'emblée, le rideau s'ouvre sur un univers sombre, paranoïaque, fébrile. Même s'il en ignore encore la cause, le spectateur comprend très vite que Paulina est sous l'emprise d'une terreur insurmontable. Petit à petit, les échanges entre la jeune femme et son mari laissent entendre qu'elle a vécu un véritable traumatisme, qui ne lui laisse aucun répit. Difficile de mettre des mots sur l'indicible …
L'intrigue se passe dans " un pays qui est probablement le Chili, mais qui pourrait être n'importe quel pays qui se serait doté récemment d'un gouvernement démocratique après une longue période de soumission à une dictature militaire." (A. Dorfman).
Paulina et Gerardo y vivent à l'écart du monde, dans une maison retirée au bord de la mer. Un soir, Gerardo rentre, accompagné de Roberto Miranda, dont il vient de faire la connaissance. Ce soir-là, par hasard, les fantômes du passé vont ressurgir … Paulina croit reconnaître en cet homme son tortionnaire et pour dépasser les tortures subies, le prend en otage pour obtenir sa confession.
Après 15 ans de silence, où pour survivre elle s'endormait avec la haine de ses bourreaux et le désir de vengeance, la parole va enfin reprendre le dessus, un vomissement de toute la violence de l'époque qui s'exprimera enfin. C'est qu'il est tentant de faire subir à celui qui vous a détruite les mêmes souffrances que celles qu'il vous a fait endurer au risque de confondre le légitime et le légal, au risque de s'éloigner des valeurs que l'on croyait défendre, au risque même de perdre son intégrité ...
Paulina a besoin à tout prix d'une confession de son tortionnaire (ou prétendu tel) mais comment atteindre la vérité si le mensonge est un mode de survie partagé par tous ? Et lorsque des aveux arriveront enfin, suffiront-ils à apaiser la douleur ou vont-ils, au contraire, engendrer l'envie de commettre l'irréparable ?
L'universalité et la lourdeur du propos de ce huis clos, nous font nous interroger sur notre capacité à devenir ou à rester humains, réveillent notre conscience face aux crimes de guerres, quels qu'ils soient, où qu'ils aient été commis et nous font prendre position sur les notions de culpabilité ou de justice non seulement à propos de l'histoire développée sur scène mais aussi au vu de notre histoire personnelle, de nos drames propres.
De ce débat interne, de la projection de soi dans chacun des archétypes du triangle (victime-coupable-justice) et du doute qui subsiste jusqu'à la fin, naît une tension forte, presque palpable, un sentiment de détresse qui amène le public à se responsabiliser. Les éléments dramaturgiques simples mais extrêmement efficaces (un espace-temps très court et un lieu unique, isolé, figure emblématique de l'enfermement psychologique dans lequel évoluent les trois personnages) renforcent encore la virulence du jeu.
Ne manquez pas ce pur moment de théâtre et de citoyenneté ...


Un mot sur la troupe
L'Impact ASBLest née en 1996 sous l'impulsion de deux passionnés de théâtre, Marie-Gilles Vander Essen et Pascal Dabe. Leurs objectifs visent la création, la production et la diffusion de toutes formes de projets artistiques (théâtre, musique, …) mais aussi l'organisation de stages d'initiation au théâtre et à la prise de parole.
Fait rarissime dans le théâtre amateur, leurs créations sont non-conformistes et audacieuses, au risque de surprendre, parfois même de déstabiliser le public. C'est qu'ici la démarche est militante et tend à amener les spectateurs au-delà de leurs limites. Le défi est d'ailleurs pleinement réussi puisque chaque année, le public se presse pour découvrir le nouveau spectacle de ces puristes.
Autre fait remarquable, l'ASBL ne manque pas de mettre en avant d'autres talents locaux. Cette année, on peut notamment découvrir les splendides photos de Violette Weyders, une toute jeune femme, qui au travers de l'objectif nous transmet sa sensibilité. La sobriété du noir et blanc ou la symbolique subtile du fond rouge donnent une force incroyable aux photos de cette artiste en herbe qui, par ailleurs, manie également la plume avec plaisir et brio.
Un prénom à suivre ...